Éditorial – Laurent Saint-Cyr un président sans cap à la tête d’un pays sans boussole
Deux mois après son entrée en fonction, Laurent Saint-Cyr semble s’être confortablement installé dans le rôle de président observateur. Chargé de rétablir la sécurité, de préparer un référendum et d’organiser des élections, il contemple un pays à la dérive sans jamais vraiment tenir la barre. Haïti tangue, mais son capitaine semble absent.
Faute d’action, le chef du Conseil présidentiel de transition (CPT) propose des remaniements essoufflés et des déplacements sans effet. Les résultats sont maigres : un remplacement à la tête de la Police nationale, quelques nominations administratives, et une collection de discours oubliés dans le brouhaha politique. Pendant ce temps, la crise continue de dicter sa loi.
Lors de sa prise de fonction le 7 août dernier, Laurent Saint-Cyr avait promis de troquer les “beaux discours” contre des actions concrètes. Deux mois plus tard, les discours ont disparu… et les actes aussi. Le pays attend toujours le bond en avant annoncé avec tant d’insistance. Mais le président du secteur privé semble avoir préféré la discrétion au leadership.
Sous son mandat, le CPT peine à inspirer la moindre confiance. Conçue sous la pression du CARICOM, elle reproduit les mêmes réflexes politiques : improvisation, lenteur et complaisance. L’espoir d’une percée s’est vite transformé en routine administrative. Le Conseil promet de guider la transition, mais avance à vue, comme un navire sans gouvernail.
À trois mois de la fin de son mandat, Laurent Saint-Cyr donne l’image d’un président suspendu entre prudence et impuissance. La transition qu’il était censé conduire ressemble à un navire échoué avant même d’avoir quitté le port. Dans un pays sans boussole, il incarne tristement la figure d’un capitaine qui ne sait plus où aller.
Le Relais Haïti
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