Fritz Alphonse Jean conteste les restrictions américaines et dénonce une manœuvre politique
L’ancien gouverneur de la Banque de la République d’Haïti et membre du Conseil présidentiel de transition, Fritz Alphonse Jean, a réagi mardi 25 novembre 2025 aux restrictions de visa annoncées à son encontre par le gouvernement des États-Unis. Sans confirmer s’il figure officiellement sur une liste de personnalités sanctionnées, il a rejeté toute accusation d’appui à la violence ou de relation avec des groupes armés.
Selon lui, cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions politiques entourant le maintien ou le remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il affirme être la cible d’une « manœuvre politique » visant à réduire au silence ceux qui plaident pour un changement de gouvernance.
Fritz Alphonse Jean a rappelé qu’une part importante de son travail intellectuel et public porte sur la dénonciation de la « capture de l’État haïtien » par des groupes d’intérêts. Il estime que ces dynamiques ont contribué à l’appauvrissement de la population et à la création d’un environnement propice à l’insécurité.
Il soutient que ses positions exprimées dans ses livres comme dans ses interventions publiques ont toujours visé les causes structurelles de la violence en Haïti, et non un soutien quelconque à des organisations criminelles.
Aux côtés de Leslie Voltaire, autre membre du Conseil présidentiel, M. Jean a affirmé avoir partagé des extraits d’échanges WhatsApp avec des diplomates canadiens et américains. Selon lui, ces interlocuteurs auraient laissé entendre que des sanctions pourraient viser certains membres du Conseil si l’instance insistait pour remplacer le chef du gouvernement.
Il voit dans ces signaux un « bras de fer diplomatique et politique » plutôt qu’une démarche fondée sur des éléments à caractère criminel.
Dans ses déclarations, il a également mis en cause la gestion de l’exécutif en matière de sécurité et de transparence. Il affirme que moins de 33 % du fonds spécial d’environ 7 milliards de gourdes, présenté comme un « Budget de guerre » destiné à renforcer la Police nationale et les Forces armées, a été réellement utilisé.
Il dénonce une incapacité à débloquer les ressources nécessaires, notamment pour les unités engagées dans la lutte contre les gangs. Il a aussi pointé du doigt l’existence de contrats publics qu’il juge « opaques », appelant à un contrôle plus strict afin d’assurer l’efficacité des dépenses publiques.
Fritz Alphonse Jean conclut que ses prises de position relèvent d’une volonté de défendre « la vérité, la compétence et une gouvernance différente ». Il estime que ces engagements ne sauraient constituer un crime et dit continuer à militer pour une gestion plus transparente et plus efficace des affaires publiques.
Le Relais Haïti
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