Coupe du Monde 2026 : la vuvuzela s’impose en Haïti entre ferveur patriotique et préoccupations citoyennes
Pétion-Ville, le 11 juin 2026
À l’approche du coup d’envoi de la Coupe du Monde de la FIFA 2026, un phénomène inédit attire l’attention en Haïti : la popularité fulgurante de la vuvuzela. Cette trompette en plastique, devenue mondialement célèbre lors du Mondial sud-africain de 2010, s’est imposée en quelques jours comme un accessoire incontournable pour de nombreux supporters désireux de célébrer la présence historique de la sélection nationale haïtienne à cette grande compétition.
Des rues de Pétion-Ville aux quartiers de Delmas, en passant par plusieurs villes de province, le son caractéristique de la vuvuzela accompagne désormais l’effervescence qui précède les premiers matchs des Grenadiers. Toutefois, si cet instrument est perçu par certains comme un symbole de rassemblement et de soutien à l’équipe nationale, son utilisation grandissante suscite également des interrogations quant à ses effets sur la tranquillité publique.
Un engouement porté par la participation historique des Grenadiers
Selon plusieurs commerçants interrogés, la demande pour les vuvuzelas a considérablement augmenté au cours des derniers jours. Importées principalement d’Asie, ces trompettes sont offertes dans différentes couleurs, avec une préférence marquée pour les modèles aux couleurs nationales.
Cet intérêt s’explique en grande partie par l’enthousiasme entourant la qualification d’Haïti pour la phase finale de la Coupe du Monde, une présence qui ravive l’espoir, la fierté nationale et la passion populaire pour le football.
Cette forte demande a d’ailleurs entraîné une hausse notable des prix dans plusieurs points de vente. Certains commerçants évoquent même des difficultés d’approvisionnement face à l’ampleur du phénomène.
Une présence de plus en plus remarquée dans l’espace public
Au-delà des rassemblements sportifs, la vuvuzela s’est progressivement invitée dans le quotidien de nombreux citoyens. Elle est désormais utilisée lors de rencontres amicales, dans les rues, sur les places publiques et parfois même dans la circulation routière.
Des observateurs notent que certains usagers de la route, notamment des conducteurs de motocyclettes, recourent à cet instrument pour signaler leur présence ou attirer l’attention, une pratique qui contribue à renforcer sa présence dans l’environnement sonore urbain.
Entre animation populaire et nuisance sonore
Si de nombreux citoyens apprécient l’ambiance festive créée par la vuvuzela, d’autres dénoncent une utilisation jugée excessive.
Dans plusieurs quartiers de la région métropolitaine, des résidents affirment être confrontés à des émissions sonores répétitives qui perturbent le repos des familles, les activités professionnelles ainsi que la quiétude de certaines personnes vulnérables, notamment les personnes âgées et les malades.
Pour plusieurs observateurs, le phénomène dépasse désormais le simple cadre de l’animation sportive et soulève la question du respect du vivre-ensemble dans les espaces publics.
Des interventions policières rapportées
D’après des informations recueillies auprès de plusieurs sources, des conducteurs de motocyclettes auraient été rappelés à l’ordre, voire sanctionnés, par des agents de la Police nationale d’Haïti pour avoir utilisé de manière inappropriée la vuvuzela dans la circulation.
Selon ces témoignages, l’instrument aurait parfois été utilisé en remplacement du klaxon traditionnel, provoquant des plaintes de riverains et d’autres usagers de la route.
À ce stade, aucune communication officielle n’a été publiée concernant l’ampleur de ces interventions. Toutefois, plusieurs sources concordantes indiquent que les autorités suivent attentivement l’évolution de cette pratique.
Quelle responsabilité pour les utilisateurs ?
Des spécialistes rappellent que l’expression de la joie populaire demeure un droit légitime, particulièrement dans le contexte d’un événement sportif d’envergure mondiale. Ils soulignent cependant que toute activité susceptible de troubler l’ordre public ou de porter atteinte à la tranquillité d’autrui doit s’exercer dans le respect des règles qui régissent la vie en société.
À l’heure où Haïti s’apprête à vibrer au rythme du football mondial, la vuvuzela apparaît ainsi comme le symbole sonore de cette ferveur nationale. Entre instrument de célébration et source de controverse, elle reflète l’enthousiasme d’un peuple mobilisé derrière ses Grenadiers, tout en rappelant l’importance de concilier passion sportive, respect du voisinage et bien-être collectif.
Jean Valdonel CONSTANT
Journaliste – Rédacteur en chef
Le Relais Haïti












