Corruption au FNE : l’ULCC appelle à mettre l’action publique en mouvement contre l’ex-DG Jean Ronald Joseph
L’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) a dévoilé, ce 8 décembre 2028, les conclusions d’une enquête alarmante sur la gestion du Fonds national de l’Éducation (FNE). Le rapport met en lumière un ensemble de pratiques opaques ayant prospéré sous la direction de l’ancien directeur général, Jean Ronald Joseph, présenté comme l’un des principaux obstacles au bon déroulement des investigations.
Selon l’ULCC, l’ancien directeur général n’a jamais répondu aux convocations ni aux avis émis dans le cadre de l’enquête. Cette attitude, qualifiée d’obstruction manifeste, a ralenti la collecte d’informations et compliqué la reconstitution des décisions financières prises au sein de l’institution.
Les premières analyses révèlent que 162,8 millions de gourdes ont été distribués à 30 associations sans aucune vérification préalable. Ni l’existence légale de ces structures, ni la nature éducative de leurs projets, ni leur capacité à justifier l’utilisation des fonds n’ont été contrôlées. À elles seules, treize d’entre elles ont reçu près de 68 millions de gourdes pour des initiatives sans aucun lien avec la mission éducative du FNE. L’ULCC considère que ces allocations constituent des avantages indus accordés à des tiers, au mépris des intérêts de l’État.
Le rapport souligne également l’absence totale de cadre administratif au sein du FNE. En l’absence de manuel de procédures, de contrôles internes ou d’évaluations rigoureuses, les propositions soumises ont été approuvées avec une facilité déconcertante. Plusieurs promoteurs auraient gonflé ou embelli le contenu de leurs projets, entraînant l’utilisation de 22,6 millions de gourdes pour des activités sans rapport avec les objectifs déclarés.
Au vu de ces abus, l’ULCC a inculpé Jean Ronald Joseph pour plusieurs infractions graves : abus de pouvoir, détournement de fonds publics et obstruction à la justice. D’autres personnes sont également mises en cause, notamment Priscille Mazile Milord, Ashley Jean Joseph, Distey-Phanord Joseph, Recilor Fede, Taisha Anna Melissandre St-Rémy et Marie Taïssa Mazile, pour leur rôle présumé dans des actes de détournement de fonds, de falsification et d’utilisation de documents falsifiés.
Afin de rétablir l’intégrité de la gestion publique, la commission recommande un audit approfondi de la Cour supérieure des comptes, l’élaboration d’un manuel de procédures, la mise en place d’un service d’audit interne et la restitution des sommes allouées aux treize associations financées de manière irrégulière. Sur le plan pénal, elle demande que les personnes impliquées soient poursuivies.













