Gouvernance en crise : le MONAIF dénonce l’exclusion des femmes des décisions nationales
Le Mouvement National pour l’Implication des Femmes (MONAIF) tire la sonnette d’alarme face à l’exclusion persistante des femmes des espaces où se prennent les décisions politiques majeures du pays. Dans une prise de position rendue publique, l’organisation dénonce une gouvernance qu’elle juge non inclusive et en décalage avec les principes démocratiques.
Selon le MONAIF, malgré les discours officiels en faveur de l’égalité des genres, les femmes restent largement absentes des cadres de concertation politique, notamment dans les processus de dialogue, de négociation et de transition. Cette marginalisation, estime le mouvement, affaiblit la légitimité des décisions publiques et compromet toute perspective de gouvernance durable.
Pour l’organisation, les femmes constituent pourtant un pilier central de la société haïtienne. Actrices majeures de la vie économique, sociale et communautaire, elles jouent un rôle déterminant dans la résilience du pays face aux crises successives. À ce titre, le MONAIF considère qu’aucune réforme politique ou institutionnelle ne peut être viable sans leur participation directe et structurée.
Le mouvement souligne que la persistance de pratiques de gouvernance excluantes traduit un déficit démocratique profond, particulièrement préoccupant dans le contexte actuel marqué par l’absence d’institutions élues et une crise de confiance généralisée envers la classe politique. Pour le MONAIF, continuer à écarter les femmes des décisions nationales revient à reproduire les erreurs du passé.
Face à cette situation, l’organisation réclame l’intégration formelle des femmes aux tables de discussions politiques, à travers une représentation organisée et légitime du mouvement féminin. L’objectif est de permettre aux femmes de porter leurs revendications, de proposer des alternatives et de contribuer activement à la définition de l’avenir du pays.
Cet appel est appuyé par plusieurs organisations féminines et de la société civile, dont l’Organisation Cœur de Femmes d’Haïti (OCFH), INISYATIV FANMI Lakay (INIFAL), la Plate-forme des organisations de femmes luttant contre la violence (P.OFLUV), Solidarité des Artisans et Marchands du Business Associé (SAMBA) et Consolidation des Femmes Fortes pour une Nouvelle Haïti (COFFNHA).
Dans un contexte de crise politique prolongée, le MONAIF estime que l’implication effective des femmes constitue une condition essentielle à la crédibilité de tout processus de sortie de crise et de reconstruction nationale. L’organisation appelle ainsi les autorités, les acteurs politiques et les facilitateurs du dialogue à passer des engagements de principe à des mesures concrètes.
À travers cette mobilisation, le mouvement réaffirme son engagement en faveur de l’égalité des genres et plaide pour une gouvernance plus représentative, inclusive et capable de répondre aux défis actuels du pays.












