Haïti et l’échec de la mission kenyane : une sécurité illusoire
Le peuple haïtien paie un lourd tribut à l’échec d’une mission internationale qui devait lui sauver la vie. Déployée en grande pompe par le Kenya, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS) devait rétablir l’ordre dans les rues de Port-au-Prince et protéger les habitants. Aujourd’hui, après plusieurs mois sur le terrain, la réalité est cruelle : les gangs continuent de régner, la violence ne faiblit pas et les civils restent prisonniers d’une peur quotidienne.
A Cité Soleil, les témoignages reflètent la désillusion. “Les militaires sont là, mais cela ne change rien”, confie un habitant. A Delmas 19, un commerçant explique : “Nous fermons le magasin le matin par peur des gangs. La promesse de sécurité n’est jamais arrivée. “Ces voix mettent en lumière une vérité implacable : la MSS a été plus un spectacle médiatique qu’une force capable de protéger les Haïtiens.
Le retrait annoncé de la mission n’est donc pas une surprise. Son bilan est vide : ni ordre rétabli, ni protection réelle, seulement le témoignage de son incapacité. La frustration du Kenya, exprimée par son président, ne suffit pas à masquer l’échec de l’opération. Les annonces internationales n’ont jamais été suivies d’actions concrètes et les habitants sont livrés à eux-mêmes.
Cet échec pose une question fondamentale : est-il possible de stabiliser Haïti par des interventions militaires ponctuelles, sans véritable stratégie locale et sans coordination avec ceux que l’on prétend protéger ? L’expérience kenyane montre le contraire. Les Haïtiens ne demandent pas des promesses ou des déploiements spectaculaires, mais une sécurité tangible et durable, leur permettant de vivre sans crainte.
Il est temps que la communauté internationale cesse de se cacher derrière des missions symboliques. Haïti ne peut plus se permettre de devenir le théâtre d’expériences militaires inefficaces. Le peuple haïtien attend de l’action, pas des annonces. La MSS s’en va, laissant derrière elle une ville toujours en proie au chaos et un peuple plus vulnérable que jamais.













