Haïti : l’ONA accusée de vouloir intimider la presse
Le récent communiqué de l’Office National d’Assurance-vieillesse (ONA), publié le 29 janvier 2026, soulève autant de questions qu’il prétend en dissiper. En dénonçant la diffusion de prétendues « fausses informations » sur les réseaux sociaux et dans certains médias non officiels, l’institution s’est limitée à un démenti général, sans apporter de précisions concrètes sur la nature exacte des informations contestées.
Si l’ONA affirme que ces contenus sont mensongers et n’émanent pas de ses services, aucun élément factuel détaillé n’a été rendu public pour éclairer l’opinion. Or, dans un contexte marqué par une profonde crise de confiance envers les institutions publiques, ce manque de transparence alimente davantage le doute qu’il ne le dissipe.
Plusieurs observateurs estiment que la multiplication de rumeurs autour de l’ONA est aussi le symptôme d’un déficit de communication institutionnelle. L’absence d’informations régulières, claires et accessibles sur la gestion de l’organisme, ses décisions et ses réformes laisse un vide que les spéculations viennent combler.
Par ailleurs, la menace de poursuites judiciaires brandie contre les auteurs et relais de ces informations est perçue par certains acteurs de la société civile et du secteur médiatique comme une tentative d’intimidation de la presse, plutôt qu’une démarche pédagogique visant à rétablir la vérité. Pour eux, la priorité devrait être la publication de données vérifiables et l’ouverture d’espaces d’échange avec les assurés et les médias.
Dans une démocratie fragile comme celle d’Haïti, la lutte contre la désinformation ne peut se limiter à des mises en garde. Elle exige avant tout plus de clarté, plus de redevabilité et un dialogue constant avec le public. À défaut, les communiqués de démenti risquent de renforcer la méfiance qu’ils cherchent précisément à combattre.












