Sterline Civil : l’échec d’une promesse de promotion du leadership féminin
Le passage de Sterline Civil à la tête du Fonds National de l’Education (FNE) restera comme une page sombre d’une institution déjà fragilisée. Anciennement directrice générale, elle a été révoquée par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), une décision parfaitement légale qu’elle a choisi de contester devant un tribunal incompétent. Plus que l’expression d’un désaccord administratif, ce geste illustre un manque criant de lucidité et de maturité politique.
Derrière cette dégringolade se cache une déception plus profonde. L’arrivée de Sterline Civil aurait pu représenter un symbole fort : celui d’une femme à un poste stratégique, capable d’inspirer une nouvelle génération de dirigeantes. Or, ce mandat a été tout le contraire. Plutôt qu’un exemple de rigueur et de vision, il a donné lieu à des comportements marqués par l’isolement, l’obsession personnelle du pouvoir et des accusations de trahison à l’égard de ses propres alliés.
Son mandat a également soulevé de sérieuses questions sur la gestion des fonds publics. Subventions accordées sans critères clairs, déboursements massifs dans l’opacité la plus totale, soupçons de corruption : autant d’éléments qui alimentent la méfiance des citoyens à l’égard des institutions. Dans un pays où l’éducation manque cruellement de moyens, voir un demi-milliard de gourdes distribuées dans des conditions contestées est comme un camouflet pour la population.
Mais l’affaire Sterline Civil dépasse le simple cas d’un dirigeant défaillant. Elle illustre le problème systémique de la gouvernance en Haïti, où les nominations stratégiques se transforment trop souvent en règlements de comptes personnels et en manœuvres politiques. Il rappelle également l’urgence de mettre fin à l’impunité administrative et de renforcer les mécanismes de contrôle.
Au final, Sterline Civil laisse l’image d’une désillusion. Alors que son parcours aurait pu représenter une victoire pour les femmes dans la haute fonction publique, il n’a fait que renforcer les préjugés sur leur incapacité supposée à gouverner. Un gâchis retentissant dont la facture sera payée par le FNE et, plus tragiquement, par l’avenir de milliers d’écoliers haïtiens.
Le Relais Haïti
contact +509 4075 0088













