Transition post-7 février : l’Accord de Montana propose une nouvelle gouvernance
À l’approche de l’échéance du 7 février 2026, marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition, les signataires de l’Accord de Montana ont rendu publique, le 21 décembre 2025, une série de propositions visant à redéfinir le cadre de la transition politique en Haïti.
Le document s’ouvre sur une évaluation critique des près de vingt mois de gouvernance actuelle. Les signataires estiment que les autorités en place n’ont pas su endiguer la détérioration de la situation sécuritaire et socioéconomique. Selon eux, l’insécurité s’est accentuée, avec l’extension du contrôle des groupes armés à de nouveaux quartiers et communes, tandis que les conditions de vie de la population continuent de se dégrader.
Le texte met également en cause la structure actuelle du pouvoir exécutif, qualifiée de monocéphale et jugée incompatible avec l’esprit de la Constitution de 1987. L’absence de mécanismes de contrôle effectifs et l’influence jugée déterminante de la communauté internationale dans les choix politiques nationaux sont aussi pointées du doigt.
Face à ce diagnostic, les signataires proposent une refondation de la transition, articulée autour d’un nouveau dispositif institutionnel. Ils appellent d’abord à la démission collective des membres du Conseil Présidentiel de Transition et du Premier ministre en fonction, afin d’ouvrir la voie à une nouvelle configuration du pouvoir après le 7 février 2026.
Au cœur de la proposition figure la création d’une Conférence des Parties Prenantes, regroupant les organisations signataires de l’Accord du 3 avril 2024. Cette instance serait chargée de participer à la désignation des autorités de transition et d’exercer un rôle de supervision politique.
La nouvelle architecture prévoit la mise en place d’un Conseil Présidentiel collégial de trois membres, investi du pouvoir exécutif. Le Premier ministre serait désigné par cette Présidence, en concertation avec la Conférence. Un Organe de Contrôle de la Transition, composé de neuf membres issus de la Conférence, serait institué afin de veiller à l’action gouvernementale, d’évaluer les politiques publiques et d’accompagner les réformes institutionnelles, diplomatiques et judiciaires.
Le texte encadre par ailleurs les modalités de nomination des ministres et des commissaires du gouvernement, privilégiant un processus concerté et soumis à des mécanismes de validation. Il limite également les possibilités de remaniement ministériel et de révocation du Premier ministre, afin de garantir une certaine stabilité institutionnelle durant la transition.
Cette proposition s’inscrit dans un contexte de vifs débats sur l’avenir de la transition politique en Haïti. Elle reflète la position d’une partie de l’opposition et de la société civile organisée, favorable à une gouvernance plus collégiale, davantage contrôlée et moins dépendante des influences extérieures.
Reste à savoir comment cette initiative sera accueillie par les autres acteurs politiques, le Conseil Présidentiel de Transition et les partenaires internationaux, alors que l’échéance du 7 février 2026 se rapproche inexorablement.













