En Haïti, Noël n’existe que de nom
Nous sommes déjà en décembre. Ailleurs, cette période de l’année est synonyme de lumières, de retrouvailles et d’espoir. En Haïti, décembre arrive comme un rappel brutal d’une réalité sinistre : l’esprit de Noël a disparu, étouffé par l’insécurité, la pauvreté et l’échec politique.
Dans les quartiers, il n’y a ni décorations ni chants de Noël, seulement la peur. Les déplacements restent risqués, les familles se replient sur elles-mêmes et la survie remplace toute idée de fête. Pour beaucoup, Noël n’est plus une fête attendue avec impatience, mais une date qui passe sans signification, sans joie et sans promesse.
Une fois de plus, l’État brille par son absence. Incapable de rétablir la sécurité ou d’offrir une perspective claire, le gouvernement multiplie les annonces qui n’ont aucun impact réel sur la vie quotidienne. En ce mois de décembre, aucun signal fort ne vient rassurer une population livrée à elle-même.
Ce vide politique se reflète dans une crise sociale profonde. Les marchés ralentissent, les traditions se perdent et les familles, déjà meurtries par des années de violence et de précarité, abordent la fin de l’année avec anxiété. Décembre, qui devrait être un mois de partage, est devenu un mois de peur.
En Haïti, Noël n’existe que de nom. Tant que l’insécurité prévaudra, tant que l’État restera dysfonctionnel et que la politique continuera d’échouer, décembre restera un mois sans lumière, et Noël une fête confisquée à tout un peuple.












