« Assez d’ingérence » : Répons AYITI intensifie la pression devant le BINUH
Pétion-Ville, Haïti
La structure politique Répons AYITI a organisé un sit-in devant les locaux du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), situés à Juvénat, dans l’enceinte de l’Hôtel Karibe, à Pétion-Ville. À travers cette mobilisation, le mouvement a exprimé son opposition à ce qu’il considère comme une ingérence étrangère persistante dans les affaires nationales, tout en exigeant une enquête internationale indépendante sur l’assassinat du président Jovenel Moïse.
À l’issue de cette manifestation, Me Winder Bernard, président de Répons AYITI, a salué l’attitude des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), qu’il a qualifiée de professionnelle et respectueuse durant le déroulement du rassemblement.
Selon les organisateurs, cette initiative marque un moment symbolique dans leur démarche politique. Réunis devant les bureaux du BINUH, militants et sympathisants ont brandi des photographies du président assassiné afin de réclamer, selon leurs propos, une investigation internationale impartiale visant à faire toute la lumière sur ce dossier et à rendre justice au peuple haïtien.
Au cours de son intervention, Me Winder Bernard a vivement critiqué certaines dynamiques sécuritaires observées dans le pays. Il a notamment dénoncé les activités attribuées au mercenaire Erik Prince et à son groupe, les accusant d’être impliqués dans des opérations utilisant des drones kamikazes qui, selon Répons AYITI, auraient provoqué des pertes au sein de la population civile alors que les groupes armés demeureraient peu affectés.
Le dirigeant politique a également dénoncé ce qu’il présente comme une influence excessive de certains acteurs internationaux dans la gestion de la crise haïtienne. Plusieurs personnalités diplomatiques et représentants étrangers ont été cités par Répons AYITI, qui estime que certaines pratiques encourageraient indirectement un climat d’impunité, de corruption et de fragilité institutionnelle.
Autre point soulevé lors de ce sit-in : le décret du 30 avril 2026 relatif au secteur minier haïtien. La structure politique considère que cette décision soulève des interrogations sur sa légitimité et soutient qu’elle dépasserait les compétences attribuées au chef du gouvernement dans le contexte actuel.
Répons AYITI a également profité de cette mobilisation pour réclamer le départ ordonné du Premier ministre Didier Fils-Aimé, estimant que le pays nécessite une nouvelle orientation politique capable de répondre aux attentes de la population.
Les critiques formulées par le mouvement se sont aussi étendues aux organisations internationales, notamment les Nations Unies et l’Organisation des États américains (OEA). Répons AYITI les accuse d’avoir contribué, au fil des années, à l’aggravation de la crise sociopolitique haïtienne et à l’affaiblissement de la souveraineté nationale.
Malgré un contexte national particulièrement tendu, le mouvement affirme vouloir poursuivre sa mobilisation à travers une série d’actions devant certaines représentations diplomatiques et organisations internationales liées au Core Group. Pour ses dirigeants, cette lutte vise à défendre l’indépendance nationale, la dignité du peuple haïtien et le droit du pays à décider librement de son avenir politique.
Dans un ton résolument combatif, Me Winder Bernard a assuré que Répons AYITI entend maintenir la pression jusqu’à ce que, selon lui, les revendications du mouvement soient entendues et qu’un changement de cap soit engagé pour Haïti.












