Repons AYITI annonce une plainte contre Henry Wooster et intensifie ses dénonciations contre le Core Group
Port-au-Prince, 2 juin 2026
La nomination du chargé d’affaires des États-Unis en Haïti, Henry Wooster, au poste d’ambassadeur américain au Kenya continue de susciter de vives réactions sur la scène politique haïtienne. Le mouvement socio-politique Repons AYITI, dirigé par Me Winder Bernard, a saisi cette occasion pour réitérer ses critiques contre ce qu’il qualifie d’ingérences étrangères dans les affaires nationales, tout en annonçant le dépôt prochain d’une plainte officielle contre le diplomate américain auprès du Département d’État des États-Unis.
Dans une déclaration rendue publique ce mardi, Me Winder Bernard a affirmé que Repons AYITI entend soumettre un dossier formel aux autorités américaines afin de dénoncer ce qu’il qualifie de « dérives diplomatiques » et d’« ingérences répétées » imputées à Henry Wooster durant son passage à la tête de la représentation diplomatique américaine en Haïti.
Selon le coordonnateur de Repons AYITI, cette initiative vise à attirer l’attention du Département d’État sur le rôle que le diplomate aurait joué dans certaines décisions politiques majeures ayant, selon lui, contribué à accentuer la crise institutionnelle, politique et sécuritaire du pays. Il estime que plusieurs prises de position et interventions du chargé d’affaires auraient dépassé le cadre traditionnel de la coopération diplomatique pour s’apparenter à une influence directe sur les affaires internes de l’État haïtien.
Me Winder Bernard rappelle également que Repons AYITI figure parmi les structures ayant multiplié les dénonciations contre le Core Group, accusé par l’organisation d’exercer une influence excessive sur les orientations politiques nationales. Le leader politique soutient que cette entité diplomatique aurait contribué à la consolidation de mécanismes de gouvernance contestés, tout en affaiblissant la capacité des institutions haïtiennes à produire des solutions souveraines aux crises répétitives que traverse le pays.
« Haïti ne peut continuer à être dirigée sous influence extérieure », soutient Me Bernard, qui plaide pour une redéfinition des relations entre les partenaires internationaux et les autorités nationales, fondée sur le respect mutuel, la souveraineté et l’autodétermination du peuple haïtien.
Pour Repons AYITI, le départ prochain de Henry Wooster du dossier haïtien devrait marquer l’ouverture d’une nouvelle phase diplomatique, débarrassée de toute perception d’ingérence et orientée vers un accompagnement institutionnel respectueux des choix du peuple haïtien. L’organisation appelle également à une plus grande transparence dans les rapports entre Haïti et ses partenaires internationaux, particulièrement dans un contexte de crise multidimensionnelle marqué par l’insécurité, les déplacements forcés et l’instabilité politique.
Alors que la nomination de Henry Wooster au Kenya doit encore franchir certaines étapes institutionnelles aux États-Unis, Repons AYITI entend maintenir la pression et faire entendre sa voix sur la scène diplomatique internationale à travers les mécanismes qu’elle juge appropriés.











